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Un concours qui dépasse les bornes

Un concours a été lancé, l'année dernière, dans toute l'Europe, invitant graphistes et concepteurs à plancher sur l'identité visuelle du 50e anniversaire du traité de Rome et en particulier sur la conception d'un logo. Le dessin de Szymon Skrzypczak, vainqueur du concours,  s'est distingué parmi plus de 1.700 autres propositions de logos soumises par des jeunes concepteurs issus de tous les Etats membres de l'Union Européenne ainsi que la Bulgarie et la Roumanie.

Pour plusieurs raisons, le choix de ce logo a pourtant provoqué un tollé général (en France). Décryptage…
 

Un concours qui dépasse les bornes
Selon L'AFD (Alliance française des designers) les termes de ce concours sont illégaux en ne repectant pas  les codes de la propriété intellectuelle à l'Européenne. Ainsi, le simple fait de participer à ce concours implique l'abandon de tous les droits d'auteur à la Commission Européenne, et ce, même si la création n'est pas retenue.

Ce concours est un affront aux 400 000 designers Européens.

Les prix décernés ne valorisent pas le travail réalisé : 6000 € étant très en dessous des tarifs généralement pratiqués pour ce type de création.
Ce concours s'inscrit dans des pratiques répréhensibles qui se répandent  malheureusement fortement : sous prétexte de visibilité/notoriété, il est souvent demandé aux particicpants l'abandon de tous les droits d'auteur pour une somme dérisoire sans imite d’utilisation.

L'AFD a reçu reçu de nombreuses plaintes concernant l'appel d'offre pour la création d'identité visuelle de la présidence française de l'Union européenne. Une fois de plus on nous demande de travailler gratuitement…

Une seule langue et une connotation fortement commerciale
Le logo dans sa forme première n'est composé que d'un mot appartenant à  l'anglais. Les autres langues n'y apparaissent que comme des fautes d'orthographe, des parasites de la langue unique. Ensuite, le choix des couleurs et des formes, tout comme la signature "since 1957", utilisent un vocabulaire graphique très emprunt de codes marchands. De plus, historiquement, la date indiquée (1957) soulève de nombreux débats…

Ce logo est inscrit dans une véritable contradiction identitaire : Il va à l'encontre de la définition que l'Europe veut se donner lorsqu'elle met en avant sa dimension multiculturelle, le multilinguisme, l'esprit d'ouverture et de liberté.

La saine réactivité de la commission face aux critiques
C'est entendu ! La commision a changé les modalités contractuelles du concours, en laissant tomber une gestion des droits  catastrophique, comparable au copyright d'outre-atlantique. Le créateur donc conservera ses droits d'auteur. Le logo a ausi été décliné dans toutes les langues Européennes et une charte d'application est disponible (à télécharger ci-dessous pour info).

Néanmoins, il est clair qu'au delà des critiques habituelles et souvent justifiées, la valeur ajoutée du savoir et savoir-faire des concepteurs et designers de tout poil, est précieuse.

La vigilance est de mise…

Télécharger la charte graphique en PDF (2 Mo)

Dernière mise à jour : ( 16-11-2007 )
 
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